Silure nuisible 2026 : le décret et ses conséquences

Écrit par

Laurent Moreau

Laurent Moreau

Auteur, Pêche des Saules

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Temps de lecture : 8 min

Points clés à retenir

  • Le silure a été classé nuisible par un décret du 10 juin 2026 dans deux régions pour protéger les poissons migrateurs.
  • Une consultation publique a précédé ce classement, mais de nombreux scientifiques et pêcheurs contestent cette décision.
  • Des restrictions s’appliquent désormais : l’introduction du silure dans les eaux est interdite, et des mesures de régulation peuvent être mises en place.

Silure nuisible 2026 : qu’est-ce qui change vraiment ?

Voilà une nouvelle qui agite pas mal les bords de l’eau : le silure vient d’être classé « nuisible » (officiellement « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques ») en 2026. Le décret est paru le 10 juin 2026, et il concerne d’abord deux régions. Mais avant de rentrer dans le détail, je vous explique pourquoi ça fait débat.

Pour beaucoup d’entre nous, le silure fait partie du paysage. On le croise dans nos étangs, dans les rivières, et il a pris sa place depuis des décennies. Alors le voir soudainement sur une liste « nuisible », ça interpelle. J’avoue que moi-même, je me suis posé des questions.

Qu’est-ce qu’une espèce « nuisible » ou « susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques » ?

D’abord, un point de vocabulaire. Le mot « nuisible » n’est pas tout à fait exact. Le terme officiel employé par les textes est : « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » (ESPDB). C’est une catégorie juridique qui permet aux autorités de prendre des mesures de régulation sur une espèce animale.

Concrètement, être classé ESPDB donne la possibilité de :

  • Mettre en place des opérations de prélèvement (pêche, piégeage, etc.) pour réduire les populations.
  • Interdire l’introduction de l’espèce dans de nouvelles eaux.
  • Permettre aux fédérations de pêche de demander des autorisations de destruction.

Mais attention, ça ne veut pas dire que tout le monde peut tuer des silures sans aucun cadre. Les modalités précises sont définies par arrêté.

Le décret du 10 juin 2026 : régions et raisons

Donc, le décret tant attendu est sorti. Il classe le silure glane sur la liste des ESPDB. Mais ce n’est pas national : cela concerne d’abord deux régions. Selon les informations remontées, il s’agirait de zones où les poissons migrateurs (saumons, aloses, lamproies) sont en danger.

Le texte officiel du décret du 10 juin 2026 justifie cette décision par la protection des poissons migrateurs. Le silure étant un prédateur opportuniste, il peut avoir un impact sur ces espèces déjà fragilisées. C’est l’argument principal des autorités.

Mais voilà, cette décision est vivement critiquée par une partie de la communauté scientifique. Beaucoup de chercheurs rappellent que le silure n’est pas scientifiquement reconnu comme une espèce nuisible. Il jouerait même un rôle dans l’équilibre des écosystèmes aquatiques, comme d’autres prédateurs. Une étude récente soulignait qu’il ne menace pas globalement les stocks de poissons, et qu’il participe à la régulation naturelle.

La consultation publique : ce qui s’est passé

Avant la parution du décret, le gouvernement, via le ministère de la Transition écologique, a ouvert une consultation publique sur un projet de décret. Cette consultation a eu lieu en février 2026. Les citoyens et les organismes pouvaient donner leur avis.

Et c’est là que ça devient intéressant. Un très grand nombre de contributions ont été déposées, et une majorité semblait s’opposer au classement du silure. Par exemple, une contribution sur le site des consultations publiques disait : « Non le silure ne doit pas être classé comme nuisible, il serait honteux et ridicule d’autoriser sa mise à mort systématique alors qu’il est le seul à pouvoir réellement réguler efficacement sa propre population. Il fait partie de nos milieux. Il n’est pas plus nuisible qu’un autre carnassier. » Cet avis reflète bien le sentiment de beaucoup de pêcheurs.

Malgré cette opposition, le gouvernement a tout de même publié le décret en juin. Cela montre que la consultation n’a pas vraiment infléchi la position de l’administration, même si le projet initial visait la moitié de la France et qu’au final seulement deux régions sont concernées. On peut donc parler d’une victoire partielle pour les défenseurs du silure.

Les conséquences pour les pêcheurs

Alors, qu’est-ce que ça change pour nous, concrètement, dans nos sorties de pêche ? Je vous livre quelques points clés.

Interdiction d’introduction

Tout d’abord, l’introduction du silure dans les eaux est désormais interdite. C’était déjà le cas pour beaucoup d’espèces, mais là c’est clairement acté. Inutile de vous dire qu’il ne faut surtout pas transporter un silure d’un étang à un autre, même d’un étang privé. Les amendes peuvent être salées.

Mesures de régulation

Les autorités peuvent mettre en place des mesures de régulation. Concrètement, les fédérations de pêche pourront organiser des pêches de prélèvement sur les zones définies. Mais ce n’est pas une chasse au silure sans limite. Un arrêté préfectoral devra définir les conditions (temps, lieux, techniques).

Pour le pêcheur de loisir comme vous et moi, cela signifie qu’à certains endroits, il pourrait y avoir des demandes pour pêcher plus de silures, ou des ouvertures de saison plus larges. Mais attention : rien d’automatique. Il faut attendre les arrêtés locaux.

Peut-on toujours pêcher le silure normalement ?

Oui, dans la grande majorité des régions, la pêche au silure reste tout à fait légale et encadrée par la réglementation habituelle (périodes, tailles minimales, etc.). Le classement „nuisible“ ne change rien à votre droit de pêcher. Il ouvre simplement une possibilité de régulation supplémentaire là où l’espèce pose problème. Donc, pas de panique, vous pourrez toujours sortir le grand carnassier.

Les arguments des opposants au classement

Pour résumer le point de vue des scientifiques et de nombreux pêcheurs, voici les arguments qui reviennent souvent :

  • Absence de preuve scientifique : le silure ne provoquerait pas de déséquilibre biologique majeur dans la plupart des milieux.
  • Rôle de régulateur : comme tout prédateur, il contribue à l’équilibre des populations de poissons.
  • Bouc émissaire facile : pour certains, le silure est pointé du doigt pour expliquer la baisse de certaines espèces alors que la vraie cause serait la pollution ou la destruction des habitats.
  • Risque de dérives : classer le silure nuisible pourrait justifier des abattages massifs, sans réel bénéfice écologique.

Je dois dire que ce dernier argument me parle. Dans mon coin, j’ai vu des étangs où le silure cohabite très bien avec les autres poissons. Alors, généraliser une approche de régulation me semble un peu rapide.

Et maintenant, que faire ?

En tant que pêcheur, le mieux est de se tenir informé des arrêtés locaux. Chaque région, chaque département peut appliquer des mesures différentes. L’idée n’est pas de dramatiser, mais d’être conscient que la situation peut évoluer.

Je vous conseille de :

  • Consulter les sites des fédérations départementales de pêche.
  • Lire les affichages en mairie et les arrêtés préfectoraux.
  • Échanger avec les gardes-pêche et les autres pêcheurs.

Et surtout, continuons à pratiquer notre passion tranquillement, dans le respect des règles et de l’environnement. Le silure reste un poisson fascinant, et même s’il est maintenant classé nuisible dans deux régions, il n’a pas changé du jour au lendemain. Il reste ce grand mystérieux des eaux troubles.

En résumé

Voilà où on en est en août 2026 : le silure glane est officiellement classé nuisible (ESPDB) dans deux régions, suite au décret du 10 juin 2026. L’objectif affiché est de protéger les poissons migrateurs. Mais cette décision est contestée, car peu étayée scientifiquement. Pour le pêcheur lambda, pas de grand chamboulement immédiat, mais il faut surveiller les arrêtés locaux.

Pour conclure, je dirais que la meilleure approche reste l’observation. je continue à passer du temps au bord de l’eau, à regarder comment les choses évoluent, et à m’adapter. Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous vu des changements sur vos coins de pêche ? Partagez votre expérience, c’est comme ça qu’on avance.

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